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On ne vous le dira jamais assez : en création d'entreprise ce qui compte, c'est plus votre envie que votre idée ! Viennent ensuite votre appétence à décider seul et la proximité de votre projet avec vos valeurs personnelles. Une fois ces points éclaircis, l'opération est relativement simple à condition de savoir où l'on va et comment s'y rendre. Suivez le guide !

Au cas où créer une entreprise serait un projet voire une envie mais que vous n’avez pas encore passer le pas car vous trouvez ça compliqué, réservé à une élite, que vous n’avez pas d’envie ou que vous n’êtes pas sûr de réussir… nous allons vous démontrer que les freins que vous pourriez rencontrer peuvent tous se lever sauf deux.


Les deux points bloquants

1. Vous n’avez pas envie d’entreprendre…
… mais vous n’avez pas le choix car vous ne retrouvez pas d’emploi salarié.
Si vous n’avez pas envie de créer et que vous avez écumé toutes les solutions pour retrouver un job (formation, reconversion, bilan de compétences..), peut-être qu’on pourra vous donner envie ! Si ce qui suit ne vous convainc pas, évitez de créer.

Être patron, c’est (enquête « le bonheur d’être patron de l’APCE – 2007) :
- le bonheur,
- l’indépendance,
- la réalisation de soi,
- la possibilité de décider seul,
- une vie relationnelle riche,
- un placement pour l’avenir : dans la plupart des cas, vous allez constituer un patrimoine professionnel qui va prendre de la valeur et que vous pourrez revendre

C’est aussi :
- un apprentissage qui peut être plus ou moins long : comme toutes nouvelles choses, vous devrez apprendre à « faire tourner » votre boite
- de la solitude face à toutes les situations (absence de salarié, mauvais payeurs, informatique en panne, démarchage commercial...)
-  des revenus peut-être moindres et instables au lancement de l’entreprise
- beaucoup de « paperasses » (TVA, URSSAF, RSI…)


2. Votre famille n’est pas d’accord
Expliquez clairement les enjeux que ce projet représente pour vous.

Si, une fois informée sur ce que votre projet implique pour vous et pour elle, votre famille émet de grandes réserves, donne des conditions draconiennes ou refuse tout simplement que vous vous lanciez, ne démarrez pas votre projet. Pour autant, cela ne veut pas dire abandonner. En fonction des objections émises, retravaillez votre projet avec votre famille, rassurez-la sur certains points et faites des concessions.

Un conseil : n'hésitez pas à faire assister votre famille à une réunion d'information sur la création d'entreprise et à consulter un notaire. Même bien balisée, l'aventure reste risquée, autant vous protéger avant.


Les huit freins potentiels 

1 – Vous ne savez pas quoi faire
C’est votre droit ! Ne pas avoir d’idées n’est pas incompatible avec l’envie d’entreprendre. L’important c’est d’être motivé.

Si vous avez besoin d’aide pour trouver des idées, vous pouvez :
- Faire appel à un coach (SFCoach, Syntec)
- Faire un bilan de compétences. Cela vous permettra de faire le point sur vos compétences et de construire votre projet
- Solliciter votre entourage. Vos proches ont peut-être des idées : « tiens, je te verrais bien faisant… »
- Faire quelques exercices de créativité. Plusieurs techniques existent, en groupe ou seul, l'APCE vous propose quelques méthodes,
- Raisonner par élimination : « je ne veux surtout pas… »
- Envisager votre hobby ou vos rêves d’enfants comme autant de projet d’entreprise potentiel

En tout état de cause, soyez cohérent ! Construisez un projet qui vous correspond, que ce soit en termes d’effectif, de chiffre d’affaires, de contraintes ou de libertés. Si votre motivation est de gagner de beaucoup d’argent, certains projets seront plus pertinents que d’autres. Inversement, si vous souhaitez être disponible pour vos enfants et aller les chercher à l’école, privilégiez des activités qui vous permettront cette organisation ! L’avantage, en créant votre entreprise, c’est que vous allez pouvoir choisir les contraintes qui vous arrangent le plus.

2. Vous n’aimez pas être seul ou décider seul
C’est un frein réel ! Un dirigeant est seul face à ses décisions, ses doutes et ses incertitudes, mais aussi ses salariés, ses clients, ses fournisseurs et ses banquiers. Ils attendront de vous des réponses dans toutes les situations.
Si vous ne voulez pas être seul, quelques pistes :
- Créez avec un associé
- Inscrivez-vous à des clubs de dirigeants. Il y en a dans la plupart des CCI et ailleurs
- Acceptez de dire « je ne sais pas » pour lâcher la pression !

3. Juridiquement, c’est impossible
Votre ancien contrat de travail ne vous permet pas de créer dans l’activité que vous envisagiez en raison d’une clause de non concurrence. Des solutions existent : discutez-en avec un conseil juridique.

4. Vous pensez que c’est compliqué
C’est ce que tout le monde vous dit ! Ne vous y fiez pas. Bien sûr, devenir entrepreneur ne se fait ni du jour au lendemain, ni sur un coup de tête. Mais en construisant son projet pas à pas, en étant organisé et en faisant appel aux bonnes personnes, vous mettrez toutes les chances de votre côté.

En 1850, 50% des personnes actives étaient des indépendants et, 2009, plus de 500 000 personnes se sont lancées dans l’aventure !

5. Vous ne savez pas exactement ce que devenir patron implique
Si vous connaissez des patrons de TPE, demandez-leur de passer quelques jours dans leur entreprise pour voir comment se déroule leur quotidien. Cela peut vous éclairer sur des activités et vous permettre de découvrir un intérêt pour des métiers que vous aviez mis de côté (artisanat, métallurgie, commerce, etc.). D’autre part, gérer une unité de production au sein d’un groupe n’a absolument rien à voir avec la gestion d’une petite entreprise.

6. Vous n’êtes pas sûr d’avoir les compétences nécessaires pour gérer une entreprise
Faites la liste de ce que vous savez faire et de ne ce que vous ne savez pas faire. Prenez en compte vos compétences acquises au cours de votre carrière ou de vos loisirs ! Si vous avez des faiblesses, les CCI proposent des formations qui peuvent vous aider. N’hésitez pas car des aides sont prévues pour le financement.

Petit passage en revue des compétences utiles :
> Gestion administrative
Factures, devis, TVA, URSSAF, contribution économique, territoriale, RSI, DUE, BIC, BNC, IS, INPI, Greffe, rangement, classement… ça vous évoque quelque chose ? En rythme de croisière, comptez entre 3 et 4 heures d’administratif « pur » par semaine. Mais beaucoup plus à vos débuts ! Si vous voulez gagner du temps, formez-vous !

> Comptabilité – gestion – finance
BFR, emplois, ressources, charges, investissements, dotations aux amortissements, amortissements linéaires et dégressifs, rentabilité, FI-FO, valeur ajoutée, solde intermédiaire de gestion, passif, actif, marge brute, marge nette, tableau de bord, trésorerie… C’est clair ? Sinon, des formations existent.

> En ressources humaines
35 heures, heures supplémentaires, convention collective, DUE, entretien préalable au licenciement, RTT, congés, entretien d’embauche, fiche de poste, critères de sélection… Si vous voulez recruter, connaître les bases en droit du travail et en gestion des ressources humaines est indispensable ! Cela vous permettra d’acquérir des réflexes et éviter de faire appel à un conseil juridique systématiquement. Alors, formez-vous !

> En juridique
Conditions générales de vente, bail commercial, contrat commercial, CNIL... beaucoup d’éléments de l’entreprise sont juridiques. Formez-vous à l’essentiel et sous-traitez.

> En commercial
Inné ou acquis ? Aimer vendre, c’est plutôt inné mais bien vendre, ça s’acquiert ! Concevoir et mettre en œuvre une politique commerciale adaptée à votre entreprise (même si elle est toute petite), négocier, convaincre les clients, les fidéliser… Ca s’apprend.  

> En management
Là encore, il y a de l’innée et de l’acquis. Aimer motiver des équipes, les diriger, être le leader, c’est plutôt inné. Mais il existe des techniques de conduite de réunion, de délégation, de motivation d’équipes, de management général…

Les CCI peuvent également vous proposer des formations techniques (responsable logistique, installateur thermique…)

7. Vous ne savez pas si vous avez le profil d’un entrepreneur
Devenir chef d’entreprise, c’est faire appel à son côté entrepreneur, pour créer son entreprise, et son côté manager, pour la diriger. Si les deux aspects sont parfois opposés – la prise de risque contre la gestion raisonnable –, ils n’en restent pas moins terriblement complémentaires. Voici quelques tests pour identifier vos forces et vos faiblesses.

Paul-Arthur Fortin, considéré comme le père de l'entrepreneuriat au Québec, définit un entrepreneur comme « une personne capable de transformer un rêve, une idée, un problème ou une occasion en une entreprise ».

N’oubliez pas : si entreprendre ne s’apprend pas, manager si ! Les CCI proposent d’ailleurs une foule de formations vous permettant d’acquérir les compétences nécessaires.

Voici quelques tests pour vous détendre et vous permettre d’évaluer votre potentiel entrepreneurial :
- Téléchargez le test des CCI 
- Faites le test d’Yvon Gasse, directeur du Centre d'entrepreneuriat et de PME de l'Université Laval.   
- Faites le test d’auto-évaluation de son profil d'entrepreneur proposé par la Banque du Canada

Vous pouvez également tester votre motivation et ses limites avec les tests de Robert Papin, fondateur d'HEC Entrepreneurs :

- Evaluez votre motivation
- Détectez vos qualités et vos limites

Vous pouvez aussi faire un bilan de votre personnalité avec :

- Mareussite.com 

8. Vous avez peur de prendre trop de risques
Vous allez effectivement prendre un risque mais, aujourd’hui, la sécurité n’est plus non plus assurée en tant que salarié ! Et, le risque peut se gérer :
- en fonction de l’activité que vous choisissez, peut-être pouvez-vous commencer votre activité en même temps qu’un poste salarié pour tester votre projet (le régime auto-entrepreneur est particulièrement adapté à ça),
- vous pouvez protéger votre résidence principale auprès de votre notaire (déclaration d’insaisissabilité),
- sachez pourquoi les entreprises déposent le bilan, ça vous permettra de ne pas commettre les mêmes erreurs (Source : Ministère des PME)

- mauvaise anticipation des charges de l’entreprise et donc problèmes de trésorerie : 40% des créateurs qui ont échoué ont rencontré ce problème,
- chiffre d’affaires trop faible, problème de marché, de clientèle : 40% des créateurs qui ont échoué ont rencontré ce problème
- Problèmes de gestion, difficultés administratives ou réglementaires : 27% des créateurs qui ont échoué ont rencontré ce problème
- Problèmes personnels : 15% des créateurs qui ont échoué ont rencontré ce problème

- Si vous avez peur de la baisse de vos revenus, sachez qu’elle est, en général, limitée dans le temps. Lisez les études de l’INSEE sur ce sujet. Et à vous de monter le projet qui a le potentiel de vous apporter les revenus dont vous avez besoin.
- Si vous avez peur d’être trop pris par votre activité et de ne plus avoir de temps pour votre famille, à vous de monter le projet qui vous permet d’avoir du temps.

Alors vous êtes prêt ?


Pour aller plus loin

Les revenus des non salariés
Les salaires des dirigeants d'entreprise 
Les revenus d'activité des entrepreneurs individuels.

Lire l'étude du Ministère des PME sur les raisons des cessations 
Lire l'étude de l'APCE sur la pérennité à 3 ans des créations

Lire l'étuude sur la satisfaction des créateurs de l'APCE 
Lire l'étude sur le bonheur d'être chef d'entreprise de l'APCE

 
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